Comment fonctionne le mi-temps thérapeutique dans la fonction publique ?

Article mis à jour le 9 septembre 2026.

Concilier santé et carrière dans la fonction publique, ce n’est pas toujours simple. Le temps partiel thérapeutique (TPT) est un droit, mais le traitement, les primes et la procédure restent une source de stress. Ce texte s’adresse aux agents de la fonction publique (État, territoriale et hospitalière), fonctionnaires ou contractuels. Les règles du privé n’y figurent pas.

⚡ L’essentiel en 30 secondes

Fonctionnaire : le traitement de base reste à 100 %. La procédure a changé le 1er août 2026.

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Traitement indiciaire à 100 % Pour un fonctionnaire, même à 50 %, le traitement, le SFT et l’indemnité de résidence ne baissent pas. Les primes, elles, dépendent du versant.

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Un an max, plus de tranches 1-3 mois Plafond d’un an au total, pas « par affection ». Depuis août 2026, l’autorisation peut aller jusqu’à un an sans renouvellements intermédiaires obligatoires.

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Plus besoin d’un arrêt maladie avant Un agent en activité peut demander un TPT si son état de santé le justifie. L’employeur a en principe 30 jours pour répondre.

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Contractuels : fraction + IJ Pas de maintien intégral du traitement. L’employeur verse une fraction du salaire selon la quotité, la CPAM complète avec des indemnités journalières.

Agent public badge sa sortie mi-temps thérapeutique dans un hall d'administration moderne

TPT et rémunération : ce qui change (ou non) sur votre fiche de paie

La question qui bloque souvent : vais-je perdre de l’argent ? La réponse n’est pas la même pour un fonctionnaire et pour un contractuel. Le salaire n’est qu’un volet : les avantages et inconvénients du TPT aident aussi à juger la fatigue et la faisabilité.

Pour les fonctionnaires, le principe est protecteur. Pendant le TPT, l’agent perçoit l’intégralité de son traitement, du supplément familial de traitement et de l’indemnité de résidence, selon Légifrance. Même à 50 % ou 70 %, le traitement indiciaire reste calculé sur une base de 100 %. C’est un filet propre au statut, distinct d’une protection salariale plus large.

Fonctionnaires (titulaires et stagiaires) : le principe du maintien intégral

Si vous êtes fonctionnaire titulaire ou stagiaire, votre traitement de base est sécurisé. Les composantes suivantes restent à 100 %, quelle que soit la quotité (de 50 % à 90 %) :

  • Le traitement indiciaire brut (le « salaire » de base lié au grade et à l’échelon).
  • L’indemnité de résidence.
  • Le supplément familial de traitement (SFT).
  • La nouvelle bonification indiciaire (NBI), si vous y avez droit.
  • Le complément de traitement indiciaire (CTI), si vous y avez droit.

Les primes, c’est plus nuancé. Le point de vigilance porte surtout sur le régime indemnitaire (RIFSEEP : IFSE et CIA). La fiche Service-public.fr (mise à jour août 2026) distingue les versants.

Type de prime / indemnité Fonction publique d’État (FPE) Fonction publique territoriale (FPT) et hospitalière (FPH)
RIFSEEP (IFSE, CIA) et autres primes En FPE, les primes et indemnités sont maintenues en totalité, dans les mêmes proportions que le traitement. Traitement, SFT, indemnité de résidence et NBI restent à 100 %. En FPT, le régime indemnitaire est maintenu en totalité ou proratisé selon la délibération de la collectivité. En FPH, les primes liées au grade, à l’échelon et à l’emploi restent en totalité ; les primes modulables selon les résultats le restent.
Nouvelle bonification indiciaire (NBI) Maintenue intégralement. Maintenue intégralement.

Agents contractuels : un calcul différent, calé sur le régime général

Si vous êtes contractuel de droit public (CDI ou CDD), les règles changent. Vous relevez du régime général de la Sécurité sociale, pas du maintien intégral du traitement.

Votre rémunération en TPT se compose de deux parts, selon Service-public.fr :

  1. Une part versée par l’employeur public : une fraction du traitement, des primes, de l’indemnité de résidence et du SFT. Cette fraction suit la quotité : 50 %, 60 % ou 70 % ; à 80 % elle vaut 6/7 ; à 90 % elle vaut 32/35.
  2. Une part versée par l’assurance maladie : des indemnités journalières pour la partie non travaillée, sous réserve de l’accord d’indemnisation de la caisse.

Il n’y a pas, en règle générale, de « complément employeur » automatique au-delà de cette fraction et des IJ. Vérifiez votre contrat et les usages de votre administration, mais ne partez pas du principe d’un maintien à 100 %.

Qui peut demander un TPT ? Les conditions d’éligibilité

Depuis les textes de 2020-2021, il n’est plus nécessaire d’avoir été en congé maladie avant de demander un TPT. Un agent en activité peut le solliciter si son état de santé le justifie. Beaucoup de pages encore en ligne n’ont pas intégré ce point.

Le TPT peut être accordé pour deux motifs :

  • Lorsque le maintien ou la reprise du travail à temps partiel est jugé de nature à favoriser l’amélioration de votre état de santé.
  • Lorsque vous devez faire l’objet d’une rééducation ou d’une réadaptation professionnelle pour retrouver un emploi compatible avec votre état de santé.

Le dispositif est ouvert aux fonctionnaires (titulaires et stagiaires) et aux agents contractuels en CDI ou CDD, à condition d’être en position d’activité. Un stagiaire dont le stage comporte un enseignement professionnel ou s’effectue dans un établissement de formation ne peut en principe pas en bénéficier.

La procédure de demande de TPT, étape par étape

La démarche reste centrée sur votre médecin, avec des délais d’employeur plus cadrés depuis le 1er août 2026.

  1. La consultation de votre médecin : première étape. Le certificat doit préciser la quotité souhaitée (50 %, 60 %, 70 %, 80 % ou 90 %), la durée demandée dans la limite d’un an, et les modalités (jours non travaillés, réduction quotidienne, etc.).
  2. La transmission à votre administration : vous adressez la demande d’autorisation et le certificat aux RH. Chaque employeur a son formulaire.
  3. La décision de l’administration : l’employeur peut vous convier dès réception à un examen par un médecin agréé (première demande comme renouvellement). Une absence injustifiée vaut renonciation. Pendant le TPT, l’administration peut aussi vous soumettre à tout moment à un médecin agréé : un refus d’examen interrompt l’autorisation. Hors reprise après CLM, CLD, Citis ou disponibilité pour raison de santé (décision au plus tard le jour de la reprise), la réponse intervient au plus tard 30 jours après réception. Un refus ou une interruption doit être motivé. S’il repose sur les nécessités de service, un entretien préalable est obligatoire. S’il repose sur un motif médical, l’avis d’un médecin agréé est requis. Le conseil médical peut être saisi en cas de contestation des conclusions du médecin agréé.

Durée, renouvellement et impact sur votre carrière

Infographie cheat sheet : Mi-temps thérapeutique: droits et salaire des agents publics

Le TPT est temporaire. Il peut être exercé de façon continue ou discontinue. La durée totale ne peut pas dépasser un an, toutes affections confondues : ce n’est plus un plafond « par pathologie ». Depuis le 1er août 2026, l’autorisation peut couvrir jusqu’à un an sans périodicité obligatoire d’un à trois mois.

Une fois ce droit d’un an épuisé, vous reprenez à temps plein. Un nouveau TPT (même pathologie ou une autre) n’est possible qu’après un an en position d’activité ou de détachement.

La période de TPT est assimilée à du temps plein pour :

  • La constitution et la liquidation des droits à pension. Différence nette avec un temps partiel sur autorisation, pris en compte au prorata pour le montant de la pension.
  • Votre avancement d’échelon et de grade, ainsi que la promotion et la formation.

En revanche, les congés annuels et les RTT se calculent comme pour un agent à temps partiel, pas comme un temps complet. Si vous travaillez 4 jours par semaine, vous avez droit à 20 jours (5 × 4) et une semaine d’absence en consomme 4.

Le mi-temps thérapeutique dans la fonction publique n’est pas qu’une réduction d’horaire. Pour les fonctionnaires, le maintien du traitement indiciaire reste le filet principal. Les primes et le régime des contractuels demandent une lecture attentive de la fiche de paie. Un entretien avec les RH ou la médecine de prévention reste le bon réflexe. Vous pouvez aussi demander un rendez-vous à la médecine du travail sans l’accord de l’employeur.

Questions fréquentes

Mon administration peut-elle refuser ma demande de temps partiel thérapeutique ?

Oui, mais le refus doit être motivé. S’il est fondé sur les nécessités de service, un entretien préalable est obligatoire et vous pouvez vous faire assister. S’il est fondé sur un motif médical, l’avis d’un médecin agréé est requis. Les conclusions de ce médecin peuvent être contestées devant le conseil médical.

Le temps partiel thérapeutique a-t-il un impact sur mes congés annuels ?

Oui sur le mode de calcul : les droits sont ceux d’un agent à temps partiel (cinq fois les obligations hebdomadaires travaillées), pas ceux d’un temps plein. Les RTT sont aussi proratisés.

Que se passe-t-il à la fin de la période maximale d’un an de TPT ?

Vous devez reprendre à temps plein. Si l’état de santé ne le permet pas, d’autres pistes se discutent avec l’administration et le médecin de prévention : congé maladie, adaptation de poste, reconnaissance d’inaptitude. Cette issue peut ensuite déboucher sur le licenciement pour inaptitude, surtout si le reclassement n’aboutit pas.

Quelle est la différence de traitement pour un agent contractuel en TPT ?

Un contractuel ne bénéficie pas du maintien intégral du traitement. Il perçoit une fraction de sa rémunération selon la quotité (avec 6/7 à 80 % et 32/35 à 90 %), complétée par des indemnités journalières de la Sécurité sociale si la caisse indemnise. Ce n’est pas le même filet que celui des fonctionnaires.

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